Claude, l'IA qui en savait trop : un chercheur a réussi à lui voler sa mémoire !
Imaginez. Vous discutez tranquillement avec votre assistant IA préféré. Vous lui parlez de votre travail, de votre ville, peut-être même de vos soucis personnels. Rien d'extraordinaire. Sauf que le 18 juillet 2026, un chercheur en cybersécurité a découvert que toutes ces confidences pouvaient se retrouver entre les mains d'un inconnu. Explications.
La mémoire, le super-pouvoir (et le talon d'Achille) des IA
Depuis 2023, les intelligences artificielles comme ChatGPT, Claude ou Gemini ont une mémoire. Un peu comme un ami qui se souvient que vous êtes allergique aux arachides ou que vous détestez les films d'horreur. Pratique, non ?
Sauf que cette mémoire est bien plus profonde qu'il n'y paraît. Ayush Paul, un chercheur en cybersécurité, a découvert que Claude — l'IA développée par la société Anthropic — stocke une quantité impressionnante d'informations sur ses utilisateurs : nom, employeur, ville d'origine, centres d'intérêt, et même des réponses à des questions de sécurité bancaire. Bref, un véritable coffre-fort numérique.
Le piège du site web « clavier »
Alors, comment fait-on pour vider ce coffre-fort ? L'astuce est aussi simple que diabolique. Claude a la capacité de naviguer sur Internet. Vous pouvez lui demander « compare les menus de ces trois restaurants » et hop, il va visiter leurs sites web.
Le chercheur a eu une idée brillante : il a créé un faux site de bar qui, lorsqu'il détecte la présence de Claude, se transforme en… clavier géant. Sur ce site, chaque lien correspond à une lettre. En suivant les liens dans le bon ordre, Claude peut littéralement « écrire » des informations… que le propriétaire du site peut lire.
Le plus effrayant ? Vous ne voyez rien. Vous avez simplement demandé une comparaison de bars, et pendant ce temps, Claude a discrètement communiqué votre nom, votre employeur et votre ville natale au site piégé.
Des dégâts potentiellement énormes
« L'utilisateur n'a rien fait qu'une personne prudente aurait pu éviter. Aucun lien à cliquer, aucune intégration à activer. Il a posé une question sur un café et Claude a livré son nom, son lieu de travail, et la ville où il a grandi », explique Ayush Paul.
Pire encore : le chercheur a réussi à extraire des réponses à des questions de sécurité bancaire. Imaginez un escroc qui connaît le nom de votre premier animal de compagnie ou votre ville de naissance…
Bonne nouvelle : la faille est déjà corrigée
Pas de panique. Le chercheur a immédiatement prévenu Anthropic, qui a réagi vite. L'entreprise a tout simplement supprimé la capacité de Claude à suivre les liens qu'il trouve sur des pages externes. Désormais, Claude ne peut ouvrir que les adresses que vous lui donnez directement, ou celles issues d'une recherche web.
Ce qu'il faut retenir
Cette affaire nous rappelle une règle d'or, valable pour toutes les IA : ne confiez jamais à un assistant des informations que vous ne voudriez pas voir rendues publiques. Aussi intelligent soit-il, il reste un outil, et tout outil peut être détourné.
Et si vous utilisez Claude, ChatGPT ou Gemini au quotidien, c'est le bon moment pour jeter un œil à ce que ces IA ont mémorisé sur vous. Vous pourriez être surpris !
Article rédigé le 19 juillet 2026 par Frédéric Peter pour mfsc.be